L'Aloès
Noms communs : aloès, gel d'aloès, jus d'aloès, concentré d'aloès, latex d'aloès.
Noms botaniques : Aloe vera ou Aloe barbadensis, Aloe ferox et quelques autres espèces du genre botanique Aloe, famille des liliacées ou des aloeacées.
Noms anglais : Aloe, Cape Aloe, Aloe Gel, Aloe Juice, Aloe Concentrate, Aloe Latex.
Parties utilisées : le latex jaune tiré de la couche externe des feuilles et le gel clair et mucilagineux tiré de leur partie interne.
Habitat et origine : on pense que l'aloès est originaire d'Égypte ou du Moyen-Orient, mais il y a fort longtemps que la plante est naturalisée et cultivée un peu partout sous les tropiques et dans les régions chaudes du globe - Afrique, Inde et autres régions tropicales de l'Asie, des Caraïbes, de l'Amérique du Sud, du Mexique, du sud des États-Unis, etc. Ailleurs dans le monde, elle est répandue comme plante d'intérieur.
Son histoire
De l'antique Mésopotamie (1750 avant notre ère) à la Grèce des débuts de l'ère chrétienne, en passant par l'Égypte des pharaons, on connaissait les vertus du gel d'aloès pour traiter les infections de la peau, de même que les propriétés laxatives de son latex.
L’aloès "Plante de l'immortalité » pour les grands prêtres d'Egypte ancienne, était connu depuis l'Antiquité dans toutes les régions du monde.
C'est chez les Sumériens que l'on retrouve les premières traces de son usage thérapeutique, puis chez les Egyptiens, les Chinois, les Juifs, les Grecs (l'île de Socotra ne fut pas conquise par Alexandre par stratégie, mais pour fournir suffisamment de feuilles d'aloès à ses armées et pour ses expéditions militaires), et les Romains et les Indiens d'Amérique ! On pense que ce sont les Espagnols qui auraient apporté les premiers plans d'aloès en Amérique.
La médicine ayurvédienne (ou ayurvedique) dit qu’il rétablit l'équilibre entre les 3 Doshas (Kapha, Vata et Pitta) et les musulmans accrochent les feuilles dans l'entrée de leurs maisons parce que les feuilles représentent un symbôle du bonheur parfait.
Les écrits médicaux d’Hippocrate (460 av JC - 370 av JC), Aristote (384 av JC - 322 av JC), Celsius (1701-1744), Dioscoride, Pline l'Ancien, Galien, Paracelse, vantent ses vertus.
En 1820, la pharmacopée officielle des États-Unis mentionne les propriétés laxatives de l’aloès, qui fait partie de diverses préparations pharmaceutiques décrites dans le détail. En 1851, Smith et Stenhouse identifièrent un principe actif, l'aloïne, auquel on prêtait l'ensemble des vertus purgatives de la plante. Mais, en 1912, Johnstone découvrit que sa pulpe pouvait aussi guérir les brûlures, et en 1930, Collins prouva que l'aloès était capable de réduire les effets néfastes des radiations. En 1935, lorsqu'un groupe de médecins s'en sert pour traiter des brûlures causées par les rayons X, on assiste à un regain d'intérêt pour l'emploi topique du gel, qui fait alors une entrée remarquée dans le monde des produits cosmétiques et dermatologiques. Dès lors, le monde médical et scientifique en étudia très sérieusement la composition chimique, et en 1938, Chopia et Gosh isolèrent ses principaux éléments actifs.
En 1942, Stockton stabilisa le gel de l'aloès et mit au point un excellent onguent contre les brûlures. Mais c'est en 1959 que Bill Coats, fondateur d'Aloe Vera of America qui découvrit et breveta la technique de conservation la plus performante à ce jour. Elle consiste à laisser incuber le gel dans des cuves, en y ajoutant de la vitamine C (acide ascorbique), de la vitamine E (tocophérol) et du sorbitol, pour empêcher son oxydation. En opérant à des températures précises, il obtint une réaction chimique idéale permettant la parfaite conservation du produit.
L'aloe vera n’eu vraiment du succès en Amérique que lorsque les scientifiques constatèrent que beaucoup des survivants d’Hiroshima et Nagasaki, avaient soigné leur peau avec le gel interne des aloès et avaient bu le jus préparé de façon spécifique. Le nombre de cancers de la peau chez les Japonais était inférieur au pronostic probable lors d'une attaque nucléaire d'une telle envergure...
Depuis, les recherches n'ont cessé de progresser : Danhof démontra tout d'abord que le gel d'aloès pouvait réhydrater et freiner considérablement le vieillissement de la peau, puis Fujita découvrit dans la plante la présence de bradykinase, enzyme anti-douleur, à la fois calmante et cicatrisante et bien d'autres chercheurs devaient encore révéler diverses propriétés thérapeutiques de l’aloès, et notamment son pouvoir antiviral.
Il existe environ 15 espèces d'aloès possèdant des propriétés médicinales. Mis à part l'Aloe barbadensis, les plus utilisées parmi celles-ci sont les suivantes :
- L'Aloe arborescens, bien connu au Japon, au Portugal et au Brésil.
- L'Aloe succotrina, l'Aloe curaçao, l'Aloe capiensis et l'Aloe ferox, qui servent traditionnellement pour la fabrication des extraits à base de latex (aloès pharmaceutique), mais dont on peut également employer le gel.
Les espèces
On confond souvent cette plante avec l’agave (famille des cactées) alors que l’aloes appartient à la famille des liliacées (ail notamment) succulentes (stockent l’eau au niveau des feuilles). Dans le passé, l'Aloes a appartenu à la famille des Aloaceae et Liliaceae. Mais depuis 2003, le genre est rattaché à la famille des Asphodelaceae.
Plante succulente (plante grasse):
Les plantes succulentes sont des plantes charnues, également appelées « plantes grasses », qui sont adaptées pour survivre dans des milieux arides du fait des caractéristiques du sol, du climat ou à forte concentration en sel. Dans ce dernier cas, on parle de plantes halophytes. Leur adaptation, différente de celles des plantes xérophytes proprement dites, est liée à leur capacité de stocker de l'eau dans les feuilles, les tiges ou les racines. Les plantes succulentes sont très souvent xéromorphiques (se dit de tout moyen qui empêche la perte d'eau). Par exemple les feuilles peuvent être recouvertes d'une cire, présence de poils, réduction de la surface...).
Les succulentes sont géographiquement réparties en bordure de mer, en plaine, en montagne jusqu'à plusieurs milliers de mètres d'altitude suivant les espèces. Elles sont capables d'assimiler rapidement l'eau de pluie dans le sol mais certaines profitent des brouillards matinaux en bordure de mer qui sont leur seule source d'eau durant de très longues périodes (Désert Atacama Chilli).
Le terme vient du latin suculentus qui signifie « plein de suc ».
Certaines espèces de plantes succulentes, notamment les Crassulaceae et les Euphorbiaceae peuvent être cultivées sous forme de Bonsaï.
Bien que toutes les plantes stockent de l'eau, les plantes succulentes y sont particulièrement adaptées notamment pour les longues périodes de sécheresse. Cela leur permet de survivre dans des environnements arides où elles ne rencontrent que peu de prédateurs herbivores. Pendant la journée, leur habitat est plutôt chaud. Cependant, il est plus frais la nuit, permettant aux plantes succulentes de "respirer".
L'aloès produit 2 substances très différentes quant à leur aspect et à leurs propriétés thérapeutiques. Il est important de ne pas les confondre : le suc visqueux jaunâtre amer et le suc épais transparent.
- Le latex, sève jaune et amère tirée de la partie externe des feuilles, renferme de 20 % à 40 % d'anthranoïdes (principalement l'aloïne), des molécules aux effets laxatifs puissants; le latex peut être irritant pour la peau et les muqueuses.
- Le gel, composé d'un mucilage clair se trouvant au coeur des grosses feuilles de l’aloès, a des propriétés fortement émollientes et constitue une substance largement utilisée en cosmétologie et en dermatologie. On peut également prendre le gel par voie interne, sous forme de gélules ou de jus (boisson comprenant au moins 50 % de gel).
La plupart des aloès sont originaires d'Afrique mais aussi d'Arabie, Madagascar et Sokotra yemenite.
La famille des Aloès comporte plus de 250 espèces dont seulement quelques unes sont d’usage médicinal (l’aloé succotrina, à fleurs rouges, très apprécié par le passé ; l’aloé africana, jusqu'à récemment le plus répandu; l'aloé vera barbadensis, aux feuilles vertes ou bleues selon la variété, qui a détrôné l'africana; l’aloé ferox et l'aloé saponaria largement consommés (cuisine, boissons et préparations médicinales) en Extrême-Orient ; et l’aloé arborescens, aloès sauvage médicinal utilisé par les Russes. En Europe occidentale, l’aloé vera est employé, aussi bien en pharmacie, en diététique, qu'en cosmétologie.
Les genres Gasteria, Haworthia et Kniphofia qui ont des modes de croissance semblables sont parfois inclus à tort parmi les Aloes.
L'espèce "American aloe" (Agave americana), appartient à la famille des Agavaceae qui est bien distincte des Aloes.
Les Aloès poussent dans les savanes sèches et les déserts. Elles sont principalement répandues en Afrique du Sud et à Madagascar, où l'on trouve respectivement 121 et 77 espèces de ces plantes. En Namibie et au Kenya ont trouve environ une vingtaine d'espèces, ensuite le nombre est assez faible dans les autres pays.
Sa culture
On utilise le suc épaissi, obtenu des feuilles incisées, pour son effet laxatif et cholagogue. Le gel extrait des feuilles d'Aloe vera peut également soulager les douleurs cutanées et accélérer la guérison lorsqu'il est appliqué sur les plaies ou les brûlures.
L'aloès, dans les enluminures du Moyen Âge, est le symbole du chagrin. Le mot « aloès » vient de l'arabe et fait allusion à l'amertume de leur sève.
Elle est censée écarter les mauvais esprits lorsqu'on la suspend au-devant des portes.
La plupart des aloès sont des plantes de culture facile. Un certain nombre de ces plantes peut pousser dans le sud de l'Europe sans problème. On pourrait classer les aloès en trois catégories par rapport à leurs exigences climatiques :
- Déserticoles : très chaud dans la journée, très frais la nuit, pluviométrie très faible. Ensoleillement intense pendant toute l'année (Aloe dichotoma, pearsoni ou asperifolia).
- De savane : chaud dans la journée, frais dans la nuit, pluviométrie très marquée d'une saison à l'autre. Ensoleillement variable, mais souvent important. Sol riche en humus (la plupart des aloès et parmi lesquelles Aloe capitata, helenae, vaombe ou encore africana).
- Montagnardes : frais dans la journée, froid à très froid la nuit, les chutes de neige ne sont pas rares. Les pluie en général variables, fort ensoleillement (Aloe marlothii, broomii ou plicatilis).
Plus généralement les aloès demandent un fort ensoleillement et la plupart affectionnent le plein soleil. Elles ont besoin d'un sol à la fois riche et poreux : un mélange 1/3 de terre de jardin, 1/3 de sable grossier, 1/3 de terreau bien décomposé. La plupart des aloès préfèrent ne pas être exposées à des températures négatives : il est donc nécessaire de les planter en pot pour pouvoir les mettre sous abri l'hiver. Mais de nombreuses espèces vivent dehors dans le sud de la France, même en hiver (Aloe maculata, ciliaris, arborescens ou encore alooides). Les arrosages doivent être copieux l'été et faibles voire nuls l'hiver. On peut multiplier les aloès de différentes manières :
- La division des touffes, en prélevant des rejets produits par la plante-mère et en les repiquant. C'est le procédé le plus facile. Il faut que les rejets aient des racines, donc ils ne doivent pas être trop petits (environ 1/6 de la plante mère). Rempoter dans le mélange pour semis.
- Le bouturage : se pratique uniquement pour les espèces rampantes car elles sont souvent très ramifiées, on peut aussi le faire avec des branches d'aloès dites arbustives comme A. plicatilis. Il suffit de prélever une bouture et de l'enfoncer de quelques centimètres dans le même mélange que pour les semis après avoir fait cicatriser la plaie quelques jours. Laissez sécher entre deux arrosages.
- Le semis : le plus difficile est de trouver des graines. Il faut placer les graines en pot, sur un mélange 1/2 sable grossier - 1/2 terreau bien décomposé et les recouvrir d'une très fine couche de sable grossier. Maintenir toujours humide, mais pas détrempé, jusqu'à la germination.
La chair de l'intérieur des feuilles de l'aloe vera est consommée dans les pays d'Asie, souvent comme un dessert. Le produit se présente alors sous la forme de cubes gélatineux de 1 à 2 cm de côté parcourus de veinules vertes accompagnés par exemple d'un sirop léger de lychees. La chair de l'aloe se compare à la chair du raisin.